L'offensive souterraine de la Grande Guerre
Du 9 avril au 16 mai 1917, la région d'Arras, dans le Nord-Pas-de-Calais, devient le théâtre d'une des offensives les plus massives et meurtrières de la Première Guerre mondiale. Conçue pour briser l'impasse des tranchées, cette opération conjointe du Commonwealth s'est distinguée par une stratégie militaire unique : la guerre souterraine.
La Bataille d'Arras
La prise de la crête de Vimy
Si l'offensive globale s'est rapidement enlisée, la bataille d'Arras reste célèbre pour un exploit militaire majeur : la capture de la crête de Vimy par le Corps canadien.
Cette position hautement stratégique, fortifiée par les Allemands et jugée imprenable, dominait toute la plaine minière de Lens. Grâce à une préparation minutieuse et à l'utilisation de la technique du "barrage roulant" (l'artillerie tire juste devant l'infanterie qui progresse), les quatre divisions canadiennes parviennent à s'emparer de la crête en trois jours, au prix de sacrifices héroïques.
La stratégie secrète : Les carrières souterraines
La véritable originalité de la bataille d'Arras réside sous terre. Les ingénieurs néo-zélandais (les tunneliers) ont relié entre elles d'anciennes carrières de craie médiévales situées sous la ville.
Pendant des mois, ils ont aménagé un réseau souterrain colossal, la Carrière Wellington, capable d'abriter plus de 24 000 soldats du Commonwealth à l'abri des bombardements allemands.
Le 9 avril 1917 au matin, les troupes sortent de terre à quelques mètres seulement des premières lignes ennemies, créant un effet de surprise total.
Le contexte : Faire diversion pour l'allié français
Au début de l'année 1917, le général français Robert Nivelle prépare une grande offensive dans le secteur du Chemin des Dames. Pour maximiser ses chances de réussite, il demande aux forces britanniques et à leurs alliés (Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais) de lancer une attaque de grande envergure à Arras.
L'objectif principal est de faire diversion : fixer les troupes allemandes dans le Nord pour les empêcher d'envoyer des renforts face aux Français plus au sud.
Le Bilan humain est lourd
Malgré les avancées initiales spectaculaires des premiers jours, le front se fige à nouveau dès la mi-avril. Les contre-attaques allemandes sont féroces et la météo (neige et boue) paralyse les opérations. L'offensive prend fin officiellement à la mi-mai, sans rupture stratégique majeure du front.
Chiffres clés
Durée totale : 38 jours
Pertes quotidiennes (Britanniques) :
~4 000 hommes par jour (pire que la Somme)
Total des pertes (tous camps confondus):
Plus de 250 000 morts, blessés ou disparus
Le secteur d'Arras en 1917 (Carte historique). Source : Print Collector / The Print Collector/Heritage Images via Getty Images
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